Deux maux de tête qui ne se ressemblent pas
La migraine n’est pas un « gros mal de tête » : c’est une maladie neurologique à part entière, souvent familiale. La crise dure de quelques heures à trois jours, avec une douleur pulsatile, fréquemment d’un seul côté du crâne, aggravée par l’effort et accompagnée de nausées ou d’une gêne à la lumière et au bruit. Chez certaines personnes, elle s’annonce par une aura — troubles visuels, fourmillements.
La céphalée de tension, elle, est le mal de tête le plus répandu. La douleur est diffuse, des deux côtés, en étau ou en casque, d’intensité légère à modérée, sans nausées. Elle est étroitement liée aux tensions des muscles du cou, des épaules et de la mâchoire — c’est pourquoi elle répond souvent bien à un travail manuel.
Les deux peuvent coexister : beaucoup de migraineux présentent aussi des céphalées de tension entre les crises. Le diagnostic, lui, reste médical. Je ne diagnostique pas une migraine — je m’appuie sur ce que votre médecin a établi pour adapter mon travail.
Céphalées de tension : là où mes mains sont le plus utiles
Dans la céphalée de tension, la douleur naît le plus souvent à la base du crâne et dans le cou : muscles sous-occipitaux, trapèzes supérieurs, muscles de la mâchoire. Contractés en permanence — par le stress, les heures d’écran, un oreiller inadapté — ils projettent la douleur vers le front, les tempes ou l’arrière des yeux.
En séance, je commence par vous écouter, puis j’examine le cou, les épaules et la mâchoire. Le travail est doux : relâchement des muscles à la base du crâne, mobilisations lentes des cervicales — jamais de manipulation forcée si vous n’en souhaitez pas —, travail sur la respiration. Vous repartez avec des conseils concrets : poste de travail, pauses d’écran, étirements simples.
Deux pistes méritent une attention particulière : un cou qui se bloque régulièrement — voir torticolis : que faire ? — et une mâchoire crispée le jour ou qui grince la nuit. Le bruxisme est une cause fréquente de douleurs sur les tempes ; le travail sur l'articulation de la mâchoire fait alors partie intégrante de la séance.
Et la migraine ? Un accompagnement, jamais un remplacement
Soyons clairs : l’ostéopathie ne guérit pas la migraine. Elle ne remplace ni le traitement de crise ni le traitement de fond prescrits par votre médecin — la migraine est une maladie neurologique, et son suivi de référence est médical.
Ce que je peux faire, c’est travailler sur ce qui entoure la migraine : les tensions cervicales, la qualité du sommeil, le stress de fond. Certains patients décrivent des crises moins fréquentes une fois ces tensions levées ; la recherche sur ce point reste prudente, et je préfère vous le dire tel quel — un terrain apaisé, pas une promesse. Dans tous les cas, sans jamais interrompre votre traitement.
Le journal des crises : votre meilleur allié
Avant même de consulter qui que ce soit, commencez un journal de vos maux de tête. Pour chaque épisode, notez la date et la durée, l’intensité de 0 à 10, la localisation, les signes associés, et le contexte des vingt-quatre heures précédentes : sommeil, repas sautés, alcool, cycle hormonal, stress, temps d’écran.
En quelques semaines, des schémas se dessinent souvent — crises du week-end, crises prémenstruelles, épisodes après une journée tendue. Ce journal aide votre médecin à poser le bon diagnostic, m’aide à cibler mon travail, et vous aide à mesurer les progrès sans vous fier à la seule impression.
Un point de vigilance au passage : prendre des antalgiques une dizaine de jours par mois ou plus, selon les médicaments, peut entretenir les maux de tête. Si c’est votre cas, parlez-en à votre médecin.
Les signes qui imposent un avis médical sans attendre
Certains maux de tête ne relèvent ni de l’ostéopathie ni de l’automédication. Appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences si vous présentez :
- une céphalée brutale, « en coup de tonnerre », maximale en quelques secondes ;
- un mal de tête accompagné de fièvre et de raideur de la nuque ;
- des troubles neurologiques : vision double, difficulté à parler, faiblesse d’un côté du corps, confusion ;
- une céphalée inhabituelle apparue après cinquante ans, ou qui s’aggrave de jour en jour ;
- un mal de tête survenu après un choc à la tête, même apparemment bénin ;
- une céphalée nouvelle pendant la grossesse.
Dans ces situations, mes mains n’ont pas leur place tant qu’une cause sérieuse n’a pas été écartée. C’est précisément à cela que servent mes questions en début de séance : repérer ces signaux avant tout travail manuel. Si votre situation relève d’abord du médecin, je vous le dis sans détour. Pour le reste, je consulte en soirée jusqu’à 22h du lundi au vendredi, à Vincennes — la prise de rendez-vous se fait sur Doctolib.
Vos questions, sans détour
L’ostéopathie peut-elle guérir la migraine ?
Comment savoir si mes maux de tête viennent des cervicales ?
La mâchoire peut-elle provoquer des maux de tête ?
Combien de séances d’ostéopathie pour des céphalées de tension ?
Écrit et vérifié par Abla Sqalli Houssaini, ostéopathe D.O. — RPPS 10010273729 · Mis à jour en
Une question sur votre situation ?
Le plus simple reste d’en parler : chaque corps a son histoire, et une réponse générale ne remplace jamais un échange.